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Chronique Internationale de l'Ires


La Chronique internationale de l’Ires
est une publication trimestrielle fondée en 1989.
Elle a pour mission de fournir aux lecteurs des clés de lecture pour comprendre l’actualité sociale, économique et politique à l’étranger, y compris aux niveaux de l’Union européenne et international (BIT, etc.). Cette volonté de regarder ailleurs pour tirer parti des expériences étrangères correspond aussi au souci de favoriser un regard décentré sur les réalités et pratiques nationales.

La Chronique internationale de l’Ires s’adresse aux syndicalistes et aux chercheurs, et plus largement aux lecteurs qui s’intéressent à l’actualité économique, sociale et aux relations professionnelles sur le plan international.

Sur les quatre numéros, trois accueillent des articles variés et le dernier, qui paraît en décembre, est un numéro spécial consacré à un thème particulier (les jeunes dans la crise, les réformes d’indemnisation du chômage, etc.) et est traité dans une perspective comparative.

Tous les articles sont téléchargeables depuis le numéro 48 de 1997.

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Chronique internationale de l'Ires n°154

Allemagne. La nouvelle conflictualité des relations professionnelles dans le secteur de la petite enfance
Stefan KERBER-CLASEN

En 2009 et 2015 ont eu lieu des grèves fédérales dans les services sociaux et éducatifs municipaux en Allemagne, et en particulier dans les « Kitas », les crèches et jardins d’enfants accueillant les enfants de 0 à 6 ans. Ces mobilisations syndicales massives contrastent avec le caractère traditionnellement peu conflictuel des relations professionnelles établies dans le secteur de la petite enfance. Les dynamiques qui contribuent à cette nouvelle conflictualité sont ici analysés, pour permettre de mieux comprendre ce changement, les résultats des mobilisations syndicales et leurs implications politiques et syndicales.

 

Allemagne. Employeurs et réfugiés : l’intégration au service d’une stratégie de long terme
Marcus KAHMANN et Adelheid HEGE

En 2015, 1,1 million de réfugiés sont arrivés en Allemagne. Les employeurs et leurs organisations représentatives ont soutenu les efforts gouvernementaux d’afficher une attitude d’ouverture à leur égard. L’engagement patronal en faveur des réfugiés et demandeurs d’asile ne va pourtant pas de soi. Cet article s’interroge sur l’évolution et l’ajustement de la stratégie patronale en matière d’immigration que met à l’épreuve l’afflux de personnes qui migrent prioritairement pour des raisons humanitaires. Celle-ci se distingue désormais par une politique proactive de l’intégration guidée par une préoccupation centrale, l’insertion des jeunes réfugiés dans les circuits de la qualification professionnelle.

 

Norvège. Modification des règles du contrat de travail temporaire : une rupture avec la tradition de compromis entre gouvernement et syndicats ?
Kristin JESNES

Les modifications des règles du contrat de travail temporaire en Norvège en 2015 ont été fortement critiquées par les organisations syndicales. La méthode et la durée courte de consultation employée par le gouvernement constituait selon elles une attaque contre la concertation tripartite entre les partenaires sociaux et le gouvernement. Dans cet article, nous chercherons à déterminer dans quelle mesure les tensions entre les syndicats et le gouvernement au sujet de la réforme du Code de travail de 2015 marquent un affaiblissement de cette tradition de concertation tripartite. En effet, on peut repérer trois signes de rupture en la matière : la méthode du gouvernement, qui a imposé les changements du Code du travail, et la manière dont les syndicats ont réagi : d’une part en suscitant une grève politique, d’autre part en mettant en place une alliance avec les politiciens de gauche au sein des conseils municipaux, pour qu’ils s’opposent aux nouvelles règles au niveau local. Les implications à long terme de cette rupture sur le dialogue social sont encore incertaines.

 

Dossier. Nouvelle-Zélande et Australie
Introduction. Austérité du politique versus politique dʼaustérité
Stéphane LE QUEUX
Ce dossier porte un regard sur l’évolution générale des relations professionnelles en Nouvelle-Zélande et en Australie sous gouverne libérale. Chacun des pays affiche une relative prospérité qui s’explique par leur inscription dans l’économie asiatique. La comparaison révèle deux approches différentes : alors que les Libéraux néo-zélandais ont privilégié une politique du « laisser-faire », leurs homologues australiens se sont engagés dans une doctrine d’austérité. L’absence d’attention au social dans le premier cas, des dispositions antisociales dans le second ont mené à une dégradation des conditions de vie et de travail malgré la croissance, une situation à laquelle le syndicalisme néo-zélandais essaie de répondre en mettant en place, avec la société civile, une campagne pour un « living wage ».


Nouvelle-Zélande. L’austérité du politique : « Steady as she goes »
Stéphane LE QUEUX, Erling RASMUSSEN, Felicity LAMM et Katherine RAVENSWOOD
Les Libéraux sont au pouvoir depuis 2008. Ils affichent une politique de « laisser-faire » tout en essayant de réduire les droits collectifs et individuels à la marge mais se heurtent à des victoires syndicales. Le laisser-faire se traduit par une absence de politique proactive du marché du travail et laisse les problèmes de productivité irrésolus, des poches de chômage structurel et une économie à bas salaire. On assiste à une montée des inégalités et de la pauvreté en dépit d’une relative prospérité. En association avec la société civile, le syndicalisme fait remonter la question sociale autour d’une campagne sur le « living wage ».


Australie. La vie après le boom minier, politique d’austérité
Stéphane LE QUEUX et John BURGESS
Élus en 2013 les Libéraux ont engagé une politique d’austérité en vue d’un rééquilibrage budgétaire. Des facteurs externes comme la chute du cours des matières premières et le ralentissement de la croissance chinoise ont des conséquences adverses et les pertes d’emploi dues aux coupures conjuguées à une modération salariale contribuent à l’échec de cette politique. Impopulaires, les Libéraux sont récemment retournés aux urnes avec un nouveau leadership, élection dont ils sont sortis vainqueurs mais affaiblis. Toujours cap sur la rigueur mais il s’agira davantage de revoir l’assiette des revenus par ajustements fiscaux. Peu de changement au plan du cadre des relations professionnelles sinon que les bastions syndicaux demeurent sous attaque.

 

Chronique de l'Ires n°153, mars 2016

Etats-Unis. Renouvellement des conventions collectives chez les « Big 3 » de l’automobile : l’interruption d’une décennie de concessions salariales
Catherine SAUVIAT
Les accords trouvés par l’UAW et les « Big 3 » de l’automobile à l’automne 2015, s’ils ne sont pas complètement à la hauteur des espoirs attendus par les salariés, mettent fin cependant à une décennie contractuelle de concessions salariales continues qui a accompagné une restructuration drastique du secteur aux États-Unis. Il serait cependant erroné de penser que ces accords, ainsi que la reprise du marché automobile outre atlantique, puissent être les signes d’une renaissance du fordisme, tant la sortie de crise des « Big 3 » paraît fragile et loin d’être basée sur des fondamentaux.

 

Dossier. La Grèce face à ses créanciers

Grèce. L’insoutenable pesanteur de la dette
Michel HUSSON
Les plans d’ajustement imposés à la Grèce l’ont plongée dans une profonde récession, et y ont dégradé les conditions d’existence. Cette chronique est centrée sur la mise en œuvre du troisième « mémorandum », analysée à la lumière des travaux de la Commission pour la vérité sur la dette et des recommandations de diverses institutions. Elle fait le point sur la réforme des retraites autour de laquelle se cristallise aujourd’hui la confrontation entre le gouvernement grec et ses créanciers.

 

 

Grèce. Un an après l’arrivée de Syriza au pouvoir, des relations professionnelles encore sous pression
Christina KARAKIOULAFIS
La crise budgétaire grecque et les politiques d’austérité mises en place depuis 2010, en plus d’avoir entraîné des conséquences économiques et sociales dévastatrices, ont aussi transformé le paysage politique. Pour une grande partie de la population, l’arrivée de Syriza au pouvoir en janvier 2015 a alimenté l’espoir d’une réparation des sacrifices et injustices imposés par cinq années d’austérité budgétaire. Toutefois, sur le plan des relations professionnelles, très peu de changements et d’améliorations ont eu lieu. Après les élections de septembre 2015 et suite à la signature d’un mémorandum supplémentaire, le gouvernement a été appelé à prendre des décisions pénibles, au coût social et politique élevé. Il est donc possible qu’on assiste à une montée de la conflictualité sociale.

 

Allemagne. Accueil des réfugiés : l’hospitalité éclipsée par l’enjeu de réduction des demandes d’asile ?
Marcus KAHMANN
En 2015, 1,1 million de réfugiés sont arrivés en Allemagne et quelque 450 000 demandes d’asile ont été enregistrées. À la différence de bon nombre de ses homologues européens, le gouvernement allemand a insisté à la fois sur la nécessité de garantir un accueil digne aux personnes fuyant les guerres au Moyen-Orient et de trouver une réponse européenne à la dimension humanitaire de cette vague. Cet article cherche à saisir la dynamique politique sur la question de l’arrivée des réfugiés en Allemagne et d’en discuter quelques-unes de ses conséquences.

 

Belgique. Citoyenneté européenne : de la liberté de circulation à la liberté d’expulsion
Carlo CALDARINI
En 1958, le traité de Rome met en place en Europe la libre circulation des travailleurs et la coordination de la sécurité sociale. 50 ans après, des milliers de ressortissants européens, considérés une « charge économique déraisonnable », se font expulser d’un de ses pays fondateurs, la Belgique. Et ce n’est pas le seul. Le Conseil européen des 18 et 19 février 2016 a démontré qu’il s’agit d’une stratégie, dont le but est de séparer l’accès au marché du travail de l’accès à la sécurité sociale.

 

Chronique internationale de l'Ires n°152 - numéro spécial -

De la pluralité des relations emploi-famille à la variété des politiques de conciliation
Christèle MEILLAND

La conciliation vie familiale-vie professionnelle a bénéficié d’une attention politique accrue ces dernières décennies dans les pays de l’OCDE. Globalement, il n’existe pas de tendance commune aux politiques de conciliation mises en place dans les pays étudiés même si leur objectif reste commun : inciter les femmes à entrer et à rester sur le marché du travail. L’analyse des différentes monographies nationales sur les deux instruments de conciliation que sont les congés liés aux enfants et leurs modes de garde au cours de la période récente met en avant trois résultats principaux : d’une part, les modèles de conciliation restent dépendants et liés aux modes de régulation des pays, d’autre part la variété des modèles font écho à la spécificité des relations emploi-famille dans les pays et à la singularité des modèles d’emploi féminin nationaux et enfin les dispositifs de conciliation étudiés ont été fortement épargnés par la crise dans la majeure partie des pays.

États-Unis. Des dispositifs de conciliation embryonnaires
Catherine SAUVIAT

En matière d’articulation vie familiale-vie professionnelle, les États-Unis font figure d’exception. Il n’existe pas de loi fédérale portant sur le congé maternité stricto sensu et le congé pour raisons médicales et familiales, institué tardivement au niveau fédéral, reste non rémunéré et difficilement accessible. Les États fédérés n’ont comblé que très marginalement cette situation carentielle, laissant aux entreprises le soin de pallier, de façon très sélective et inégalitaire, l’indigence des dispositifs publics. Le prix à payer est donc élevé pour toutes celles (et ceux) qui choisissent d’y élever des enfants tout en travaillant.

Japon. Une conciliation difficile : entre défi démographique et traditions
Muriel JOLIVET

Si les femmes japonaises ont de tous temps travaillé dans les champs, le développement accéléré de l’économie les a fait revenir à la maison. Cette « juste » répartition des tâches entre les conjoints (ou yakuwari bungyô) faisait de la femme la gardienne du foyer, formatée à l’aune du concept confucéen de la bonne épouse et de la mère avisée (ryôsai kenbô). L’éclatement de la bulle économique a bouleversé cet équilibre qui reposait sur l’assurance de facto de l’emploi à vie (shûshin koyô) et de la promotion à l’ancienneté (nenkô joretsu).

Avec la baisse des naissances et le vieillissement de la population, le gouvernement actuel n’a de cesse de faire revenir les femmes sur le marché du travail, mais le manque d’infrastructures pour accueillir la petite enfance joint à l’idée bien ancrée que c’est au breadwinner d’entretenir sa famille fait que les mentalités ont du mal à évoluer.

Allemagne. La conciliation, de la marge au cœur des enjeux des politiques publiques
Marcus KAHMANN

Depuis une décennie, la conciliation est devenue d’intérêt pour les pouvoirs publics allemands. Elle affiche désormais des ambitions ouvertement natalistes et demande des efforts budgétaires exceptionnels qui s’imposent malgré la rigueur. Pour parvenir aux réformes, il a fallu revenir sur l’hypothèse qui fondait traditionnellement la politique familiale : que l’emploi des mères nuirait au développement des jeunes enfants et que le rôle de la politique familiale consistait à garantir matériellement le maintien de ce lien le plus longtemps possible. L’analyse des réformes phares entreprises sera l’occasion de s’interroger sur les conditions de la « modernisation » de la politique familiale à travers la prise en charge de la conciliation.

Bulgarie. La conciliation à l’épreuve de la transition politique, économique et sociale et de la crise de 2008
Siyka KOVACHEVA et Slavina SPASOVA

L’article analyse les politiques et les dispositifs légaux en matière de conciliation vie familiale-vie professionnelle en Bulgarie depuis le début de la crise en 2008. Toutefois, leurs derniers développements sont davantage liés à la transition politique, économique et sociale après 1989. En effet, les politiques publiques en matière de conciliation ont été fortement influencées par la considérable détérioration de la situation démographique mais également par les exigences de l’acquis communautaire lors du processus d’adhésion, largement défendues par les acteurs sociaux. Malgré un réseau de services de gardes d’enfants dense et abordable, et des arrangements législatifs en faveur de l’emploi féminin, la Bulgarie n’en est toutefois qu’au début d’un long cheminement en ce qui concerne la prise de conscience de cette problématique.

Danemark. Une certaine idée de la conciliation : le « libre choix »
Christèle MEILLAND

Le Danemark fait partie des pays nordiques précurseurs en matière de conciliation vie familiale-vie professionnelle. Elle est un point essentiel des politiques publiques danoises mises en place à destination des familles depuis plusieurs décennies. La conciliation vie familiale-vie professionnelle danoise donne à voir une construction sociale du rôle de la femme-mère et père-homme très singulière, mêlant à la fois une approche militant pour l’égalité hommes-femmes et une pratique assez traditionnelle de recours aux congés parentaux et du travail à temps partiel, basée sur une conception libérale de liberté de choix.

Grèce. Un objectif éclipsé par la crise
Christina KARAKIOULAFIS

En Grèce, les progrès institutionnels en matière de conciliation vie familiale-vie professionnelle ont été significatifs depuis les années 2000, surtout du fait des stratégies et financements européens. Toutefois, malgré ces évolutions, la conciliation demeure une « affaire de femmes » et de (toute la) famille. Ces dernières années, suite à la crise économique et aux politiques d’austérité, l’objectif de conciliation a été relégué à cause de la forte dégradation du marché du travail et de la situation économique des ménages, et du pays plus généralement.

Pays-Bas. Le temps partiel, toujours au cœur de la combinaison famille-emploi
Marie WIERINK

Malgré un arsenal de congés spécifiques développé, le travail à temps partiel reste au cœur de ce qu’on qualifie aux Pays-Bas de politique de combinaison famille emploi. Il s’est déployé sur tout l’éventail des qualifications, surtout chez les femmes mais pas seulement, et a marqué de son empreinte le congé parental, de même que les pratiques en matière de garde d’enfants. La crise a conduit à des atermoiements en matière de politique de garde d’enfants, défavorables à l’emploi des femmes. Le retour à meilleure fortune en matière budgétaire à partir de 2013 fait réapparaître le thème de la combinaison famille-emploi, élargie entretemps à la problématique de la dépendance et des aidants qui travaillent. Mais le modèle néerlandais a ses limites : il est peu propice à l’indépendance économique des femmes peu qualifiées, n’a guère fait progresser le partage des tâches familiales et laisse de côté les travailleurs non stables, qui représentent aujourd’hui un tiers de la main-d’œuvre.

Portugal. Signes contradictoires dans le Portugal en crise
Raquel REGO et Jean-Marie PERNOT

Au Portugal, la problématique de la conciliation vie familiale-vie professionnelle a été confrontée récemment à des contradictions importantes. D’un côté, des mesures législatives et réglementaires ont été adoptées dans ce sens, de l’autre, la mise en œuvre du programme d’austérité a accentué la dégradation des conditions de vie. Dans la pratique, on constate cependant un meilleur exercice des droits, y compris ceux acquis récemment comme les congés parentaux, mis en place en 2009. Les quelques études disponibles montrent cependant que le sujet de la conciliation est encore largement considéré comme une affaire individuelle et féminine.

Suède. Une politique d’articulation vie familiale-vie professionnelle profondément ancrée, en faveur des parents et des enfants
Annie JOLIVET

Considérée comme une référence en matière d’articulation vie familiale-vie professionnelle, la politique familiale, en faveur des parents et des enfants, est très profondément installée et très consensuelle. La Suède n’a pas engagé de réforme profonde de sa politique en faveur des parents et n’a pas réduit les prestations ou les services. Les deux dispositifs mis en place en 2008, qui consistent en une allocation de garde d’enfants et une incitation à destination des parents pour qu’ils partagent le congé parental ont eu un impact très modéré : ils seront supprimés en 2016 par le gouvernement issu des élections de septembre 2014.

 

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