Publié en février 2007
Résumé :
L’Union Européenne qui rassemble aujourd’hui 27 Etats-membres apparaît comme la plus grande puissance économique mondiale fondée sur un espace de marché à l’échelle du continent. La naissance de l’euro, renforcée par la procédure de surveillance collective dite du pacte de stabilité devait constituer la clef d’une croissance dynamique et durable permettant d’atteindre l’objectif du plein emploi. Or, le résultat comparé à celui des grandes régions commerciales, à commencer par les Etats-Unis traduit un sérieux échec de la zone euro, l’alchimie entre marché unique et monnaie commune ne semble pas avoir fonctionné. Si l’exigence de réduction des dépenses publiques constitue une explication, la stabilité des prix assignée comme unique prérogative à la banque centrale européenne (BCE) a aussi sa part de responsabilité dans la médiocrité de la croissance et la stagnation de l’emploi. L’institution de Francfort décide en toute indépendance de sa politique monétaire. Ainsi le réajustement des taux d’intérêt ne vise pas à soutenir la reprise économique mais à prévenir toute velléité de revendications salariales. Les controverses récurrentes tendant à opposer l’obsession inflationniste de la BCE au pragmatisme de la FED liée au Congrès américain par un mandat de réalisation d’objectifs en matière de croissance et d’emploi ont mis en exergue l’absence de gouvernance macro économique de l’Union. Aux Etats-Unis, la banque centrale manie les taux d’intérêt dans un sens favorable à la croissance et ce sont les autorités monétaires qui guident le taux de change du dollar au niveau approprié. Oui mais… explique Angel Asensio – maître de conférences à l’université Paris 13 – dans cette étude de l’Agence d’Objectifs FO-IRES, dans un cas comme dans l’autre, la stabilité des prix demeure l’objectif clef des politiques monétaires à long terme et renvoie au taux de chômage naturel pour maîtriser l’inflation. Par contre, en instruisant les modes opératoires des deux institutions, et en revenant sur la création de l’euro, l’étude identifie les avantages en faveur de la FED. Quand à l’avenir, l’auteur ne se risque pas à une solution définitive mais formule des propositions qui remettent au centre du débat, les conditions de retour au plein emploi par l’articulation du policy-mix.
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