Bien que le débat politique focalise sur la nécessité de réduire, réguler ou mettre un coup d’arrêt aux migrations, celles-ci jouent un rôle clé dans le fonctionnement des marchés du travail des pays développés et dans la dynamique de la croissance de ces économies. Pourtant le nombre de migrants rapporté à la population mondiale apparaît faible en comparaison avec la période de migrations massives du 19ème siècle et du début du 20ème siècle. En comparaison avec les autres composantes de la mondialisation (le commerce, les investissements directs, les capitaux financiers et les flux de technologie) les migrations sont bien moins mondialisées en raison des restrictions qu’elles subissent. Le nombre total de migrants dans le monde représente en réalité moins de 3 % de la population mondiale.
Réalisée par El Mouhoub Mouhoud professeur à l’université Paris-Dauphine et Joël Oudinet, maître de conférences à l’université Paris 13, cette étude montre dans une première partie le changement des dynamiques migratoires en Europe depuis le début des années 1990. Après ce rappel, elle explore les trajectoires des migrants et les raisons de leur localisation sur les marchés du travail européens d’une part, américains de l’autre. Dans une troisième partie, elle constate l’absence de modèle unique d’immigration européenne, au terme d’une analyse du rôle des migrations d’une part et des politiques d’immigration d’autre part, pour caractériser des régimes européens et américain d’immigration.
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